Rss

Dialogue au jardin John LOCKE (2025)

John Locke (philosophe anglais) 1632 / 1704





Courant philosophique de John LOCKE

En philosophie politique Locke est considéré comme l’un des fondateurs du libéralisme. L’État n’est légitime que pour servir les intérêts civils des individus. La liberté étant offerte par Dieu aux hommes dès l’état de nature, ceux-ci doivent la conserver par contrat.

Les 3 droits fondamentaux pour John LOCKE

Le droit à la vie et à fonder une famille,

Le droit à la liberté,

Le droit à la jouissance de ses biens et à l’échange.













Pardonnez-moi, mais… vous cherchez quelque chose ?

Qui sait…

j’attends demain… quelque ouverture au coin des cieux ;

J’attends la porte d’un avenir radieux !

« L’attente commence quand il n’y a plus rien à attendre… ni même la fin de l’attente ! Ouai !

L’attente ignore et détruit ce qu’elle attend… d’ailleurs l’attente n’attend rien ! » détourné de Maurice Blanchot / L’attente, l’oubli

« Mais elle est plus dure à supporter que le feu ! » détourné d’un Proverbe arabe

« Pfff… qui se nourrit d’attente risque de mourir de faim ! » Proverbe français

Et comment peut-on attendre demain ainsi, le nez en l’air ?

Et quelle sorte d’ouverture pistez-vous… vous dites un avenir radieux…

J’attends l’inspiration nouvelle, le mot, le verbe, l’adjectif, l’ivresse, le petit plus qui déconcerte !

J’attends la rime, la prosodie, la musicalité !

Le voilà le contour de l’avenir radieux !

Ensuite il n’y aura plus qu’à colorier la forme avec de l’humour, des rires, de l’amour, et c’est tout !

C’est aussi simple que cela !

« La philosophie, c’est l’art de se compliquer la vie en cherchant à se convaincre de sa simplicité ! » Frédéric Dard

« Sous le masque de la complexité la simplicité se questionne : »  détourné de Monique Keurentjes  » La complication est-elle un effet de la simplicité mal acquise ? Ah… détourné de André Brochu / Adéodat « Et l’élégance, tiens, est-elle l’association de la simplicité et de la grâce ? » Méditez mes poulets ! détourné de Lily James

Tiens donc… colorier la forme…

Et la forme est de quelle forme chez vous ?

Et l’humour, les rires et l’amour sont de quelles couleurs ?

Ne vous seriez-vous pas égaré en quelque foi naïve par hasard ?

Bien sûr que non ! C’est de cette manière-là que demain doit se préparer ; avec minutie !

« Que le soleil se lèvera demain n’est qu’une hypothèse ! » Ludwig Wittgenstein / Tractatus logico-philosophicus

« Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain ! » Alphonse Allais

« Demain il sera trop tard ; vis aujourd’hui ! » De Martial

Savez-vous que la rime a un pouvoir surnaturel ?

Euh… vous droguez-vous ?

Non, pas le moins du monde, j’éprouve seulement le besoin de m’envoler, de convoler, de savoir, de trouver le rythme en quelque sorte !

J’erre sur la trace des anciens, je batifole à leurs côtés !

Au travers des Contemplations d’Hugo, des Amours jaunes de Corbière et des Paradis Artificiels de Baudelaire je cherche la voie du Paradis dissimulé, celui que nous foulons chaque jour sans même y prendre garde !

En fait j’acquiers de l’expérience, et la nuit j’accouche de mon propre horizon !

Hum… la nuit… vous accouchez… 

Seuls les méandres de la nuit transmutent l’idée en images, en couleurs, en senteurs, en émotions, en sentiments ; vous comprenez ?

Seule la paisibilité de la nuit permet de trinquer à l’élixir universel !

Seule la nuit dompte la lumière et chevauche les brumes !

Je suis la lyre des muses, le Roger Bontemps du simple et de l’allant des nues ! Je suis… je suis… je suis…

Un bogre d’ase, un illuminat, un pec ! (un bougre d’âne, un illuminé, un idiot en occitan) Oh l’autre eh !

Qui vous êtes…

Je suis… le Poète !

« Savez-vous que le poète est un menteur qui dit toujours la vérité ? » détourné d’Horace

« Libre est la race des poètes ! » Démosthène

« Poète je vis, poète je meurs ! N’en jette plus, il ne faut pas poéter plus haut que son cul, môssieur ! » détourné de Guy Bedos

Mais chaque abîme est béant, la tâche est impossible !

Qu’est-ce alors aujourd’hui « être Poète » : une chance, un cauchemar, une prison peut-être, un traquenard ?

Rien de cela ! Seulement un cheminement fait de gouttes : goutte de sueur, goutte d’encre, goutte de sang, goutte de métaphore, goutte de libertinage, goutte de contrefaçon !

Je témoigne de l’aube, du crépuscule, des famines et des banquets de l’amour, de la ronde des jours, de toutes sortes de douceurs et de violences… puis je pétris méticuleusement la pâte et la façonne en rimes !

Ma verve est vérité, mon souffle est le reflet du temps qui passe, mon espoir c’est aujourd’hui !

Sans cesse, pour vous je vis et je trépasse !

« Je procède toujours par légères exagérations, c’est ma méthode ! » Michel Houellebecq  

« Savez-vous que l’exagération est le mensonge des honnêtes gens ? » détourné de Joseph de Maistre

« Mais exagérer c’est déjà commencer d’inventer, non ? » détourné d’un Slogan de Mai 68

Attendez, vous vivez et trépassez pour nous… ou pour vous ?

Mais qui donc vous lit encore, Poète, qui vous prend encore au sérieux ?

Vous n’êtes plus rien l’ami, plus rien !

Cassandre hurle aux vautours, Marie se dope à l’ecstasy, l’Orphée d’Apollinaire est lesbienne, Mélibée a croqué ses moutons et l’oiseau de Prévert s’est fait prendre à la glue !

Ha, ha, alors que dites-vous de cela ?

« Si vous me le permettez je dirais que l’âme est le seul oiseau qui soutienne sa cage ! » détourné de Victor Hugo  Je dis ça, mais je ne dis rien ! Tant pis pour lui s’il n’a pas vu la colle !

Alors je dis que c’est pour eux, et que c’est aussi pour vous que je dois poursuivre mon œuvre, sans relâche !

Je dois montrer le bon chemin… et c’est pour cela que paraissant attendre demain, sur ce banc, incognito je le façonne !

« On dit qu’il vaut mieux suivre le bon chemin en boîtant que le mauvais d’un pas ferme, pas vrai ? » détourné de Saint-Augustin

Vous façonnez demain… incognito…

Certes, vous n’êtes pas comme tout le monde… vous êtes bien difficile à cerner !

Vous trouvez-vous plutôt excentrique, insolite, farfelu, baignez-vous dans quelque douce innocence ?

Ne vous prendriez-vous pas pour quelque sauveur par hasard ?

« Attention, malheureux, celui qui se présente en sauveur pourrait bien être crucifié ! » détourné d’un Proverbe espagnol

Sauveur ?

Oh, comment le pourrais-je !

Il me semble, cher ami, que la notion d’altérité vous est tout simplement étrangère ; je me trompe ?

Effectivement je ne sais de quoi il s’agit, qu’est-ce donc ?

L’altérité est un concept d’origine philosophique qui signifie « le caractère de ce qui est autre » et « la reconnaissance de l’autre dans sa différence » … la différence qu’on entend de manière ethnique, sociale, culturelle ou religieuse.

D’ailleurs, en quoi me trouvez-vous différent de vous ?

Et moi ?

« Être, c’est déjà être différent, c’est n’avoir pas de sosie… pas même dans le miroir ! » détourné de Louis Pauwels

En deux mots, la différence c’est facile à comprendre : « Faire l’imbécile, faire le con, est une chose différente d’être con ! » Proverbe français Belle image non ?

En quoi vous êtes différent de moi ? Eh bien…

Semblons-nous avoir un fossé qui nous sépare ?

A moins que ce soit vous alors qui soyez différent de moi, ah, ah !

Lequel d’entre nous est différent de l’autre, hein ?

Eh bien, comment résolvez-vous ce dilemme ?

Effectivement je vous demande pardon, je ne souffre d’aucun complexe de supériorité ! Mais avouez quand même qu’il est assez déconcertant de rencontrer un type qui, assis sur un banc, en plein jour, les yeux au ciel, attend demain, quelque ouverture au coin des cieux, la porte d’un avenir radieux… et qui vous raconte attendre également la nuit pour accoucher de son propre horizon non ?

J’ai lu quelque part que l’excentricité est l’un des symptômes les plus importants chez l’HPI, oui, qu’il a tendance à penser autrement que les autres en raison de son caractère unique !

J’ai lu aussi qu’il est fasciné par le monde des idées, comme vous, et qu’il a le goût des débats, des discussions, des réflexions sur le monde qui l’entoure !

Peut-être êtes-vous HPI finalement !

Avez-vous consulté ?

Je n’ai jamais analysé la chose mais il parait « qu’il y a autant de différence de nous à nous-mêmes que de nous à autrui ! » Montaigne /Les Essais Livre II

« Faites attention, l’aveugle vous regarde de toutes ses oreilles ! »  détourné de Gilbert Cesbron

Si j’ai consulté ?

Victor Hugo considérait le poète, je le cite, « comme un visionnaire capable de voir le futur lorsque les hommes demeurent figés dans le présent ou le passé ! », pas comme un malade !

En fait le poète est juste un lien entre le présent et le futur !

Et si le haut potentiel intellectuel est considéré comme une forme de neuroatypie, je vous rassure il n’est pas une maladie non plus, juste un fonctionnement cérébral différent ; c’est tout !

Certes.

Je ne sais pourquoi mais voir l’autre différent nous dérange au plus haut point ! Pourquoi subissons-nous cette tendance naturelle à vouloir ranger les êtres humains dans des catégories ?

Ce qui induit inévitablement des effets d’aprioris, d’injustice, et même d’exclusion !

Evidemment « on ne cueille pas le fruit du bonheur sur l’arbre de l’injustice ! » proverbe persan

Mais « on apprend beaucoup en allant là, où à priori, on n’a rien à faire ! » Akosh Szelevenyi

« Il est très rare qu’on veuille délibérément être mauvais, mais il est très fréquent qu’on ne veuille pas être meilleur ! » Paul Sédir

Si tu me permets une suggestion, Gaston : « Pour nos vertus sois bienveillant ; pour nos défauts, un peu aveugle ! » détourné de Matthew Prior / Un cadenas anglais

Je crois qu’il suffit, pour y remédier, d’avoir une large vision d’esprit, ce que l’on ne peut travailler qu’en côtoyant des personnes censées, en voyageant pour bien se rendre compte qu’ailleurs la différence est souvent un atout, et en se plongeant dans la nitescence des arts !

Je vous avoue bien volontiers que j’ai sauté les barrières de la différence en prenant le vent de Proust au travers de A la recherche du temps perdu, de La divine comédie de Dante, et de La comédie humaine de notre cher Balzac !

Et l’antidote à la bêtise c’est bien là que vous le trouverez, là, au cœur même des bestiaires de l’humanité !

Dites-moi, voilà une chose que je serais curieux de savoir, lors de vos sorties dans les nues, dans vos éthers privés, avez-vous rencontré ces fameuses muses auxquelles le poète grec Hésiode faisait déjà référence sept cents ans avant JC, et dont tous les écrivains parlent aujourd’hui comme si elles étaient de franches copines ?

Bien entendu… avez-vous un doute sur leur existence ?

Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie, Uranie et Calliope… « C’est ce que j’appelle la preuve par neuf ! » détourné de Simon Libérati

Je ne me suis jamais posé la question de leur réelle existence… les côtoyez-vous peut-être ?

Mieux que ça, sans cesse je les courtise !

Ce sont les neuf filles de Zeus et de Mnémosyne… des créatures aux lèvres finement esquissées sur d’édéniques silhouettes !

Sans elles le voyage serait vain, inutile, car ce sont elles qui vous insufflent l’idée, et ce, parce qu’elles vous ont choisi !

Oh ?

Oh ?

Oui Monsieur, Choisi !

Vous êtes en quelque sorte l’élu, malgré vous, et vous ne pouvez vous y soustraire !

C’est ainsi que cela se passe dans l’extraordinaire entendement !

Je peux vous assurer que « Le jus de la vigne clarifie l’esprit… et l’entendement, l’extraordinaire entendement ! Ha, ha, ha, vous devriez essayer ! » détourné de François Rabelais

Allez tenez, à la bonne vôtre messieurs, dames !

Attendez, attendez… asseyez-vous… vous ne pouvez vous y soustraire… alors, si je comprends bien le poète est un esclave dans cet extraordinaire entendement, le souffre-douleur de ces espèces d’amazones du firmament ?

Non ?

C’est bien cet état de chose, en tout cas, que décrit La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire non ?

L’avez-vous lu ?

Non, je n’en ai pas eu le loisir…

Mais ne sommes-nous pas tous esclaves de quelque chose ou de quelqu’un sur cette terre ; vous le premier ?

Moi ?

Moi ?

Vous ? Non… ?

Non, je n’ai pas ce sentiment ; esclave de quoi au juste, de qui ?

Esclave de vos préjugés par exemple, d’une passion inavouée, de votre passé, de votre but dans la vie, de votre cœur, esclave de votre femme peut-être, de l’obsession de la mort ou de la vie éternelle pourquoi pas ?

Oh… où il va lui ! Esclave de votre homme oui ! Merci, j’ai donné !

« Toutes les femmes heureuses sont esclaves de la même manière, les femmes malheureuses le sont chacune à leur façon ! » détourné de Anna Karénine

Je ne suis pas esclave sciemment en tout cas, rien ne m’attache vraiment ni rien ne m’empêche de passer mon chemin le plus aisément possible !

Mais vous me parlez de la mort et de la vie éternelle, à ce propos avez-vous déjà croisé Dieu lors de vos pérégrinations célestes ?

Je ne l’ai que ressenti ; vous savez l’apparence physique n’existe pas dans les mondes éthérés… sauf pour les muses, bien entendu, mais là c’est différent !

Et pardi, dès qu’il y a de la chair fraîche quelque part eh…

Et vous-même l’avez-vous rencontré sur le plancher des vaches ?

Oh je n’ai pas cette prétention, hiérarchiquement je ne me suis arrêté qu’à Père Olivier !

Il est homme simple, sincère et généreux.

Il fait le bien lorsqu’il le peut !

On dirait qu’il ne vit que pour Dieu qu’il sert d’une manière remarquable !

Son église est bien petite mais pour notre village elle suffit ; jamais pleine le dimanche mais jamais vide pour les vêpres… je pense Père Olivier heureux ainsi !

Et puis avec nos femmes et nos enfants nous sommes quelque part ses brebis, et cela semble le satisfaire vous ne trouvez pas ?

Malheureux, faites attention à ce que vous dites, les termes de satisfaire et de brebis peuvent prêter à confusion aujourd’hui !

« Un loup aimait une brebis

Qu’un jour il avait découverte

En recherchant sur l’herbe verte

Un bon gigot pour son midi.

Elle avait un regard rêveur

et mâchonnait un pissenlit

sans un tremblement de frayeur

devant le loup qui fut séduit…

D’après le poème « Le loup amoureux d’une brebis » de Christian Wacrenier

Et qui sait, il l’a sûrement bouffé à la fin de l’histoire… comme toujours !

Evidemment, j’oubliais qu’avec tous ces libers machins il est vrai qu’il vaut mieux tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, mais rassurez-vous je ne suscitais rien de salace dans mon propos !

Oui, sa langue dans sa bouche… heu… dans la mienne… enfin, moi non plus eh, rien de salace !

Etes-vous client de votre Père Olivier ?

Alors mauvais client seulement !

Autrefois je fréquentais l’église plus assidûment, pour Pâques, pour Noël, quelques dimanches trop froids et surtout pour les rogations lorsqu’on demandait à Dieu la pluie pour les vignes et le soleil pour les salades !

Aujourd’hui, seulement pour les mariages et les enterrements !

Ma femme fréquente davantage la maison de Dieu… par habitude… sûrement…

Comment dire… elle est à un âge où l’on aime bien croire à l’Eternel, papoter un brin avec lui, se rassurer, entrer dans ses bonnes grâces… enfin, au cas où quoi…

« La superstition porte malheur ! » Paul Carvel / Jets d’encre

« Mais elle est le réservoir de toutes les vérités ! » Charles Baudelaire / Mon Coeur mis à nu

Votre femme est une bigote ?

Que nenni, ni elles ni ses amies de la chorale !

Les bigotes ce sont les autres celles qui reluquent leurs voisins de banc, les médisantes !

Avec père Olivier nous n’avons pas les mêmes chimères mais comme lui je fais le bien lorsque je le peux, je suis sincère et généreux ; moi aussi je suis homme simple !

Aussi, si l’on en croit Saint Matthieu le royaume des cieux nous est donc ouvert à tous deux !

Père Olivier ne vieillit pas et ses idées sont immortelles, il prêche le droit à la vie, l’amour et la paix qui sont des valeurs essentielles ! Du coup Dieu nous habite peut-être tous les deux et tire aussi nos ficelles… comme le font avec vous ces créatures aux lèvres finement esquissées sur d’édéniques silhouettes !

Et tiens, prends ça Marcel !

Croyez-vous que Dieu aurait créé l’homme impur ?

Oh, je ne me risquerai pas sur les sentiers escarpés du mysticisme ! Là, mon bon ami, je laisse volontiers Saint-Augustin, Erasme ou Blaise Pascal vous répondre, ils sont sur la question autrement plus calés que moi !

Non, pour ma part la théologie est plutôt une science qui s’apparenterait assez à de la politique voyez-vous… vous ne trouvez pas ?

Oui, s’en est probablement une forme !

En tout cas la politique n’est pas ce jeu de harangues, cette vulgarité, cette infinie tristesse à laquelle s’offrent ouvertement ces femmes et ces hommes que nous élisons… soi-disant pour nous représenter !

Ils ne sont tout au plus que de mauvais clowns auréolés d’une poix de laquelle leur orgueil n’est pas prêt de les ôter !

Et croyez bien qu’il en est de même de tous les politiciens du monde entier !

« Bien sûr ! Sachez que chaque élection est une sorte de vente aux enchères par avance de biens à voler ! » détourné de Henry Louis Mencken Ouai !

« La politique est le seul métier qui se passe d’apprentissage non ? Sans doute parce que les fautes sont supportées par d’autres que ceux qui les ont commises ! » détourné d’Achille Tournier

Vous ne semblez plus croire en nos représentants politiques ; vous ne les appréciez guère on dirait !

Que signifient toute cette effervescence, toutes ces contradictions pour vous ?

Oh plus rien, je m’en détourne, je – m’en – fous !

Trop de bouillonnements et de désordre tuent la politique !

Ni rime ni prose poétique mon pauvre, nos politiciens sont trop aisés et nos jeunes loups trop affamés !

Nous bouffons du discours improductif à longueur de journée, nos élus patinent dans l’inaction, et, plus incroyable encore, avec les raisonnements qu’ils tiennent ils semblent même nostalgiques de la guerre ; voyez plutôt !

Alors tchao bambino, j’ai autre chose à faire !

Autre chose à faire, et oui, toujours ces créatures aux lèvres finement esquissées sur d’édéniques silhouettes… je comprends !

Vous vous foutez de moi !

Non… il plaisante !

Nullement, je ne me le permettrais pas !

Notez que si elles vous siéent vous auriez bien tort de les délaisser pour quelques artéfacts de droite, de gauche ou du centre !

Mais du coup, en évoquant le centre, où est le juste milieu ?

Que serait-il mieux de faire pour éviter la guerre selon vous, armer les plus faibles ou désarmer les plus forts ?

Et bien seulement établir l’équilibre des puissances, l’inviolabilité de la souveraineté nationale et la non-ingérence !

On ne peut pas faire plus simple, c’est limpide comme de l’eau de source !

« Source limpide et murmurante

Qui de la fente du rocher

Jaillit en nappe transparente

Sur l’herbe que tu vas coucher »

Le marbre arrondi de Carrare

Où tu bouillonnais autrefois,

Laisse fuir ton flot qui s’égare

Sur l’humide tapis des bois…

Alphonse de Lamartine / Harmonies poétiques et religieuses

C’est limpide comme de l’eau de source dites-vous… ah… bien sûr… je me souviens… dessiner d’abord le contour d’un avenir radieux, et ensuite il n’y a plus qu’à colorier la forme avec de l’humour, des rires, de l’amour, et c’est tout ; ce n’est pas plus compliqué !

Mais vous parlez comme un livre l’ami, et que faites-vous de ces ingérables, ces fous au pouvoir à travers le monde ?

Ah, sur le sujet Platon avait déjà conçu, au IVème siècle avant JC, l’idée que seuls les sages sont aptes à exercer le pouvoir !

Mettre un terme au chaos politique était son obsession !

Pourtant, le tyran Denys de Syracuse approché pour mettre ce principe en pratique n’a rien voulu entendre… idem pour tous les autres dictateurs depuis !

Dites-moi, quand vous parlez de dictature vous faites aussi référence à notre pays, actuellement… à celui qui le gouverne ?

« Si nous étions en dictature les choses seraient plus simple… du moment que ce serait moi la dictatrice ! » détourné de George W Bush

« Mesdames et messieurs, sachez que l’esclave est un tyran dès qu’il le peut ! » détourné de Harriet Beecher Stowe

Non, l’unique question que l’on doit se poser aujourd’hui est : la France est-elle toujours une démocratie ?

Et la réponse est que nous le sommes effectivement puisque nous répondons aux trois critères fondamentaux :

– Un système de désignation des représentants avec des élections libres,

– Des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire séparés, avec des pouvoirs de contrôle les uns sur les autres…

– Et un Etat de droit, puisque la France respecte bien les droits fondamentaux que sont la liberté de conscience, de la presse, d’expression, de réunion, ou encore le droit au procès équitable… vous n’êtes pas d’accord ?

Si, si…

Non, non, mon lapin, pas le moins du monde !

Vous voyez les choses autrement peut-être !

Oui, oui… et vous ?

Oh tout est une question d’interprétation je suppose, de ressenti, de philosophie personnelle !

A vous entendre nous avons un superbe logement, mais je ne sais pourquoi j’ai grandement l’impression qu’il est vide ou mal meublé non ?

A moins qu’il ne soit juste que mal isolé et pourvu de tapisseries démodées !

« Pour assurer son quotidien un milliardaire vit de ses rentes, alors qu’on SDF vide ses poches ! » Marc Escayrol Là est la différence !

En matière d’appartement moi je loge sous les ponts ; ce qui me dispense donc de faire la poussière !

Descartes semblait nous dire que si l’imperfection est un état permanent chez l’homme, elle n’est pas pour autant la marque de sa corruption !

Il nous disait aussi que l’imperfection est peut-être un état négatif qui enferme une certaine positivité… cela fait écho à quelque chose chez vous ? 

Absolument… et si ma tante en avait on l’appellerait tonton… vous le lui avez dit çà à Descartes ?

C’est qu’il mordrait, le cagnot ! Grrr…

Pareil pour Nietzsche d’ailleurs, qui propose, pour simplifier les choses, d’intégrer le négatif dans le positif, le bien dans le mal, le bon dans le mauvais… mais je ne vois pas où cela pourrait conduire notre discussion, ni à pied, ni à cheval, ni en voiture !

Pardonnez-moi mais il me semble que si l’homme est imparfait de naissance, alors quelques manipulations génétiques pour le sublimer valent mieux que tous les raisonnements de la terre ; attendons demain !

« Il parait que l’homme génétique nouveau pourra parler aux mouches ! Si, si ! » détourné de Ben

« De quoi tu es né dépent de la génétique, si, si,… à quoi tu retourneras dépendra de la politique ! » détourné de Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées

« Oh, Demain, c’est la grande chose ! De quoi demain sera-t-il fait ? » se demandait Victor Hugo en son temps !

Et nous sommes toujours là, mal en point certes, mais nous sommes toujours là !

Vous le savez, dans les années 1890 Freud est venu passer l’homme au banc, ah, et qu’a-t-il vu sur l’écran ?

Tout serait monté à l’envers… oui Monsieur !

Bien sûr il a tout remonté, tout ajusté, tout graissé, Platon a invité les hommes à quitter la caverne, Heidegger a exposé sa théorie du néant, Sartre a banni l’individualité, Platon a préparé le banquet, l’humanité a mangé son ego tout cru… et tout est reparti comme avant !

« Miroir magique au mur, qui a beauté parfaite et pure ? »

Je sais : « La beauté de l’homme consiste dans son esprit, et l’esprit de la femme consiste dans sa beauté ! » Proverbe arabe

Effectivement, qu’avons-nous dans la tête à toujours vouloir plus… plus de richesse, plus de maîtrise, plus de pouvoir, plus de beauté, plus d’amour… avec la célébrité et la gloire en sus cela va de soi !

« Le pauvre n’est pas celui qui a peu, mais celui qui en veut toujours plus » nous dit Sénèque !

Ouai, t’as raison Simon ! File-moi cent balles… et un Mars !

Et qu’a répondu le miroir à Sénèque…

Il parait qu’il lui aurait dit « qu’il est important d’avoir de belles dents blanches pour rire jaune et faire de l’humour noir ! » ah, ah,ah… détourné de Nicolas Carteron

Alors, qu’a répondu le miroir à Sénèque…

« Célèbre est ta beauté, Majesté ! Pourtant une jeune fille en loques, dont les haillons ne peuvent dissimuler la grâce, est hélas encore plus belle que toi ! » 

Vous croyez qu’il parle de moi ?

Alors sont venus Debussy, Bach et Mozart, Baudelaire et Rimbaud, le Lac des Cygnes et le vilain petit canard, la Petite Fille aux Allumettes et le Père Noël, de magnifiques arcs-en-ciel et des aurores boréales colorer un brin nos neurones !

En fait j’en viens à penser comme vous, dans ce monde tout est affaire de couleurs !

Vous ne trouvez pas ?

A, noir corset velu des mouches éclatantes,

E, candeur des vapeurs et des tentes,

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles,

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes…

Détourné d’Arthur Rimbaud

Tiens, à propos de neurones je serais curieux de savoir comment vote le Poète, pas vous ?

Ah… si l’idée politique de tout un chacun se connecte aux évènements présents, celle du poète se connecte aux sentiments des gens !

Du coup sa vision de l’existence ne se résume pas à un bulletin de vote, ou bien à celui d’une autre élection, celle des harmonies !

Harmonie ? Harmonie ? « Le gruyère râpé tient dans ses fils toute l’harmonie universelle ! Un monde sans gruyère serait un bien triste monde ! » Francis Blanche

Harmonie, amour de ses semblables, altruisme, effectivement j’ai déjà vu ça chez Aristote !

D’ailleurs comment définiriez-vous l’altruisme ?

L’altruisme c’est juste donner un peu de son temps, bénévolement !

C’est réfléchir, c’est dialoguer, c’est vouloir bannir la misère, c’est s’investir dans le combat, c’est être honnête, c’est être sincère, c’est croire en la lutte quotidienne, c’est chercher les voix du soleil, aller en cueillir les rayons, les partager entre frères, c’est sauvegarder la paix au foyer, fêter toutes les victoires, c’est croire fermement en la race humaine ; c’est avant tout « po-si-ti-ver » !

Positiver, avoir de l’empathie, aider et ne rien attendre en retour !

Même si pour Aristote « l’altruisme doit toujours s’accompagner de motivations égoïstes«  il n’est juste que l’exact contraire de l’égoïsme ; une affaire de cœur, encore de cœur, toujours de cœur mais de grand cœur !

Et « Coeur content soupire souvent ! » proverbe québécois

« Entre quinze et vingt ans, le cœur tout neuf, qui sort

de sa torpeur première et qui commence à vivre,

s’enflamme quelquefois tout de bon, et s’enivre

dans un profond secret, d’un amour grand et fort ! »

détourné de Amédée Pommier.

Tiens, étrange pour un Poète, depuis le début de notre conversation vous n’avez pas encore mentionné la femme !

Sur quel trône la placez-vous dans cette pagaille orchestrée ?

Dois-je vous rappeler que depuis les troubadours, au douzième siècle, la femme est une poésie qui jamais ne connaîtra de fin ?

La voilà coiffée de louanges pour l’éternité !

Oh le faux-cul ! Si faux-cul était un métier, Amédée, tu ne serais pas prêt d’être au chômage !

Certes je reconnais là le langage du poète, mais coiffée de louanges est peut-être un peu fort, et l’éternité c’est quand même l’inconnue, pas vrai ?

De plus, notez que de nos jours le troubadour est devenu piètre joueur non ?

Selon vous, machisme ou rancœur ?

Hum… croyez-vous que le romantisme se meurt ?

Certainement pas ! Les yeux, les larmes, la bouche, les lèvres, la fossette… mais des cœurs en mal de vivre en proie à des violences physiques, des tortures psychologiques, des féminicides qui obscurcissent sans cesse notre époque ! L’homme s’est bel et bien perdu, l’ami, perdu !

Pensez-vous que par la femme puisse passer notre libération ?

Eh bien…

Eh bien ?

« Ce n’est pas la liberté qui manque, mais les hommes libres ! » L. Langanesi

Assimilez-bien, messieurs, « qu’une seule femme est plus forte que mille hommes ! » détourné de Joost Van Den Vondel

Eh bien, qu’en pensez-vous donc ?

Malheureusement, après avoir passé l’homme au banc Freud a aussi rajouté : « Après trente ans passés à étudier la psychologie féminine, je n’ai toujours pas trouvé de réponse à la grande question : Que veulent-elles au juste ? »

C’est une boutade ?

Absolument pas, Freud l’a réellement dit !

Oh ?

Et avons-nous la réponse aujourd’hui ?

Oh, je crains que nous ne l’ayons jamais ! Cependant, des recherches menées en 2023 révèlent que les femmes souhaitent se sentir désirées en raison d’une interaction complexe de facteurs : le besoin d’intimité émotionnelle, le sentiment d’être valorisées dans leur relation, la recherche de sécurité, l’importance d’une image de soi positive… et la liberté !

Et bla bla bla, et bla bla bla, et bla bla bla… « Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes mais bien de tout foutre en l’air, ouai ! » détourné de Virginie Despentes  / King Kong Théorie

« Sachez qu’une femme a autant besoin d’un homme qu’un poisson d’une bicyclette eh ! » détourné de Marie Gloria Steinem

« Non… la femme qui a le plus besoin d’être libérée est celle que l’homme porte en lui ; pas vrai ? » détourné de Willian Coffin

Et c’est tout ce que révèlent ces recherches ?

Comment c’est tout ?

Cette étude ne fait pas cas de la « misandrie » par hasard, la mi-san-drie, ce sentiment de mépris, d’hostilité que de plus en plus de femmes éprouvent à l’égard des hommes !

N’exagérons rien !

Si vous parlez du blanc, soyez honnête, évoquez également le noir !

Mais oui… je vois où vous voulez en venir !

Savez-vous que cette image de « la femme hystérique » remonte aux origines du préjugé sexiste ?

Ho, ho, attendez, appelons un chat, un chat : « L’hystérie, c’est lorsque le sexe prend la place du cerveau pour commander la vie, non ? » Michel Tournier

Et n’est-ce pas chez l’homme que ce phénomène se produit, par hasard ?

« Quant à l’égalité des sexes elle libère non seulement les femmes mais aussi les hommes soumis aux stéréotypes du genre ! » détourné de Emma Watson

Préjugé sexiste ?

Mais non, mauvaise langue, ce n’est pas à cela que je pensais, mais voilà une discussion qui nous ferait volontiers remonter à Adam et Eve… et vous le savez de la femme à Dieu il n’y a que l’espace d’une pomme ; si nous devions évoquer les sources de la discorde nous y passerions la journée !

Tenez, à ce propos, croyez-vous que Dieu fera aussi partie du recommencement, de cette société nouvelle où la femme renaîtra de ses cendres ?

Ave Janus, que le bon sens soit à l’origine du recommencement !

N’ayant que les ténèbres au-dessus de l’abîme, Dieu dit : « Que le bio soit ! » … et le bio fut !

Dieu créa le bio à son image et Dieu vit que le bio était bon !

Ainsi il y eut un soir ; ainsi il y eut un nouveau matin… ah, voyez que Dieu est toujours là !

Et vous pensez que les gens croient toujours au dieu bio vous ?

Oui !

Le dieu bio est venu au monde pour que l’homme se souvienne que la pomme, le chou et le poulet étaient meilleurs sans pesticide ! Chacun sa bêche et son fumier, chacun sa terre, son eau, son feu et la guerre du foie n’aura pas lieu 

On appelle ça la « conscience collective » !

Au petit matin la conscience collective parla aux hommes des bonnes attitudes à adopter pour préserver leur planète et leur santé !

Ainsi parla la Zarathoustra de l’appendice, et les nouveaux apôtres du sillon se levèrent !

Surprenant, non ?

Pourtant beaucoup en reviennent, le bio est trop cher, combien de producteurs et de consommateurs font machine arrière ?

« L’agriculture bio, c’est quand les mauvaises herbes sont aussi bien nourries que les plantes ! » anonyme

Que voulez-vous : « Tout ce qui a trait à la vache m’émeut ! » Vincent Roca / Les Vaches pensent

En parlant de bio, « Je connaissais un apiculteur qui était communiste par amour des abeilles dont il admirait l’organisation. Seule la reine lui posait un problème ! » Hi, hi, hi…! détourné de Gilbert Cesbron

C’est une évidence mon ami, la poussière fuit par les trous de la passoire !

Sinon, éclairez-moi, que faites-vous de vos journées ?

Comme le disait Paul Léautaud « Je m’amuse à vieillir. C’est une occupation de tous les instants ! »

…mais mon vide est fort rempli et je ne m’ennuie guère !

Oh, si j’osais parodierJules Renard je vous dirais que « Quelques gouttes de rosée sur une toile d’araignée, et voilà une rivière de diamants ! » 

Pfff, que voulez-vous « On ne peut être poète sans quelque folie ! » Démocrite

Et les poètes passent… et la folie reste ! détourné de Sébastian Brant

Eh bien, pour tout vous dire, je cultive la planète des labours, la planète des blés jaunis, puis celle de la vigne en fleurs, celle du rire et des balades, la planète de l’entraide, celle de la gastronomie, de la musique, celle de l’amitié, du dévouement, la planète de la force et de la volonté, celle du partage, de la simplicité, celle du respect, de l’admiration, celle des sciences, de la culture, la planète de la joie de vivre, celle du rire et du sommeil, des couleurs exceptionnelles, la planète des cascades de parfums, celle des vingt saisons… et celle de ma vérité… vingt-deux, le compte y est !

Là vous impressionneriez Maxime Gorki qui vous répondrait aussitôt que « La sagesse de la vie est toujours plus profonde et plus large que la sagesse des hommes ! ».

« Jusqu’au jour où Dieu daignera dévoiler l’avenir à l’homme, toute la sagesse humaine sera dans ces deux mots : attendre et espérer ! » Alexandre Dumas / Le comte de Monte-Cristo

« Saint Augustin écrivait qu’on trouverait au Paradis un dimanche éternel… alors la vie n’est juste qu’une longue attente jusqu’au week-end, pas vrai ? » détourné de Pekka Himanen

Par contre, croyez-moi « C’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien ! » détourné de  Sénèque

Evidemment tout est affaire de choix : le choix du chemin, le noir ou le blanc, la liberté ou l’obligation, le cœur ou la raison, la gauche ou la droite, l’amour ou l’indifférence, l’envie ou le dégoût, le passé ou l’avenir, la lutte ou l’oppression ! 

Pulchra véritas l’ami, (belle vérité), mais à chacun la sienne !

Et quelle fin peut bien être la mort selon vous ?

Est-ce là une fin politique, artistique, philosophique peut-être, la fin de nos sens, d’un idéalisme, la fin de l’égoïsme, d’un questionnement, d’une interprétation… la fin du monde ? 

Oh, pas de prise de tête sur le sujet, Barnabé : « La vie écrit au crayon, la mort passe la gomme…« Christian Bobin / Un bruit de balançoire et c’est tout !

Comme nous le disait Francis Bacon « Si on commence avec des certitudes, on finit avec des doutes. Si on commence avec des doutes on finit avec des certitudes ! » 

En ce qui concerne la mort nous verrons bien au moment venu !

Mais il n’est pour l’instant, l’ami, que la fin de l’après-midi et vous êtes déjà à demain, à votre demain non ?

Est-ce que le coin des cieux que vous pistiez s’est enfin ouvert ?

Magnifiquement ouvert, béant, et ce grâce à vous… Monsieur !

Notre génération d’idées va maintenant me permettre de travailler ces délicieuses images que nous avons mises en évidence, et auxquelles, en une jouissance infinie je vais pouvoir donner vie !

Après cette ardente grossesse spirituelle qu’on appelle l’inspiration, l’heure de la création est venue !

Créer, voilà ce qu’est « l’accouchement » du poète !

Eh bien je n’ai plus qu’à vous souhaiter une prompte et prolifique délivrance l’ami !

Les méandres du jour vont s’étioler, je cours transmuter l’idée en images, en couleurs, en senteurs, en émotions, en sentiments !

Ma nuit va enfin démarrer et seule la nuit permet de trinquer à l’élixir universel !

N’oubliez pas, seule la nuit dompte la lumière et chevauche les brumes !

Adieu !

Certes, il n’est pas comme tout le monde non ?

Il est bien difficile à cerner !

Ne le trouvez-vous pas un brin excentrique, insolite, farfelu…

ne baigne-t-il pas dans quelque douce innocence ?

Ne se prendrez-t-il pas pour quelque sauveur par hasard ?

Que voulez-vous, c’est un poète !

Emile CHARTIER nous dit que « Rien n’est plus dangereux qu’une idée quand on n’a qu’une idée » Médite cette pensée, chéri !

Etrange non ? Adieu !

Même si la philosophie détourne des tâches mondaines, comme le disait le personnage de Calliclès à Socrate dans Gorgias, alors que les problèmes de la vie exigent des solutions pratiques, ponctuelles, pour que nos choix soient libres il faut qu’ils soient néanmoins rationnellement éclairés et motivés !

La philosophie saura vous fournir les outils qui vous permettront de comprendre le monde, d’y trouver l’apaisement et d’ensoleiller votre quotidien !

Mais gardez cependant en mémoire que si les jours sont égaux pour une pendule ils ne le sont pas pour l’homme, et que ce qui reste à faire est plus important que ce qui a déjà été fait !

Comme le disait Audiard : « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche ! »

Adieu !