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Le temps des deux écoles

Il a passe Montaigne en revue et Zola,

d’Italo Calvino à marché sur les pas ;

il a planché sur Sartre et Pascal et Camus

qu’il a visités de son âge, sans abus…

 

on lui a rempli l’esprit d’idées “à la va-vite“,

quand le programme vous emmène d’Héraclite

au slam en quelques mois, bon ado malgré soi,

plein de vie, de critique, bourré de “Je sais, moi !“…

 

les cours n’apprennent pas à lire entre les lignes,

que des vents et des cieux l’homme est toujours indigne,

qu’il faut fermer les yeux et lire avec le nez

les parfums qu’en rêvant l’ouvrage vous remet,

 

qu’il faut ravir l’oreille aux bruits de la marée,

au sable qui obstrue le chenal des pensées,

qu’il faut s’émerveiller au chant d’une sirène,

aux pleurs du baleinier, aux cris de la baleine !

 

on finit par délaisser la ponctuation,

dans la littérature comme dans la chanson ;

on respirait au point, riait à la virgule,

mettait les guillemets, l’illustre majuscule !

 

Ce sont les jours d’hiver, quand les strophes à larmes

des poèmes récents, profondes de vacarme

viennent, impétueuses, vous glacer le sang,

que l’interligne alors fait le plus de boucan…

 

et l’auteur et l’ouvrage passent au second plan,

et l’on hurle comme on hurlait étant enfant,

et l’on apprend enfin qu’au bout de chaque cri

la cloche qui résonne est celle de la vie !

 

Il a passé Montaigne en revue et Zola,

de Prévert à Rimbaud a marché sur les pas.

L’histoire m’a conté qu’il aurait commencé

à lire entre les lignes ; il a donc progressé !

 

l’homme a besoin de temps pour comprendre l’hiver,

le poème éternel, à l’endroit, à l’envers ;

lorsqu’il l’aura saisi, alors il comprendra

le souffle familier qui remontait ses draps…

 

tout ne serait bien sûr qu’une question de temps !

il quittera l’hiver et vivra au printemps,

au présent, rempli d’amour, de soleil, de joie

et puis viendra l’été et nous serons tous là.

 

Je vais passer Montaigne en revue et Zola,

moi qui sais le comment, j’apprendrai le pourquoi

lorsqu’on boit ses vingt ans l’on se prend pour le roi,

et cinquante accourus l’on se sent dévêtu !

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