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Le présumé coupable

Comment cela peut-il exister de nos jours

il est en prison pour un méfait non commis ;

il ne peut plus serrer contre lui cet amour…

les jours succèdent trop rapidement aux nuits ;

il se morfond, bien sûr, que peut-il espérer,

personne ne l’écoute clamer son innocence !

eux sont convaincus de sa culpabilité ;

la chenille est entrée, c’est la mort qui commence !

 

Alors il tourne en rond comme un lion en cage,

qu’a-t-on dit à sa fille, que vivent ses parents,

et sa femme à présent que les autres dévisagent,

ses copains du village en panne d’arguments…

lui sous le chahut des portes et des loquets

dans l’intimité de cette terrible engeance,

des hommes avec qui il n’a rien à partager ;

la chenille est entrée, c’est la mort qui commence !

 

Il essaie de dormir, il essaie de penser,

c’est l’heure de la promenade obligatoire,

il entre dans la file comme une bête blessée…

il n’est là que des murs, un soleil illusoire,

des grillages encore et puis des miradors…

connaîtra-t-il un jour proche la délivrance ?

Quelle va être la suite et que sera son sort ?

La chenille est entrée, c’est la mort qui commence !

 

Le vent qui soulevait ses cheveux en riant

s’est tu et les parfums de sa terre l’ont quitté ;

lui reviennent alors quelques souvenirs d’enfant,

le bruit des vagues et le glissement des voiliers,

le chant des cigales, les fougères, l’odeur des pins …

innocent il n’est plus qu’un pauvre hère en souffrance ;

qui lui ferait confiance et lui tendrait la main ?

La chenille est entrée c’est la mort qui commence !

 

Puis on vient le chercher, le juge le convoque,

pour la énième fois il va recommencer

mais aura-t-il la force, il est pâle, il suffoque…

pourquoi faut-il encore énumérer les faits ?

Veut-on le convaincre, pour qui doit-il payer ?

Croyez-vous sincèrement qu’il ait cette chance,

qu’en instance finale il puisse être acquitté ?

Un bout d’air est entré c’est l’espoir qui commence !

 

La voiture qui le ramène à sa cellule

longe un moment la mer, les matons sont sympas ;

cette année, sur l’étang, les flamands roses pullulent,

et la voiture sur un kilomètre roule au pas ;

le vent prend ses cheveux, tous ses parfums sont là,

et juste cela, pour l’instant, à d’importance !

le juge a parlé sans crier pour une fois,

est-ce que ça sent l’air pur, est-ce que ça sent le rance ?

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