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Extrait de « José à sa famille »

          Alors, lorsque le besoin de convoler avec les cieux revenait, récurent, je prenais de l’altitude et je hélais toute la clique des divinités depuis les ruines du château de Miramont, sur la montagne d’Alaric.

  Là, je le relate dans l’un de mes poèmes « L’homme nu », j’avais l’impression d’être au balcon de l’Olympe, un peu comme si j’étais déjà chez moi au ciel et nous bavardions entre potes.

  Mais ce qui me réjouissait le plus, est qu’à cet endroit, l’altitude parfaite permet à la fois de prendre un peu de hauteur par rapport au monde matériel, en contrebas, dans la plaine, et permet aussi d’en distinguer les infimes détails ; ce qui est particulièrement propice à la réflexion comme à la méditation !

  L’homme était là, petit comme une fourmi. J’étais enfin sorti de la fourmilière, j’avais enfin pris de la hauteur par rapport à mes semblables et je pouvais les regarder évoluer dans la sottise, l’ignorance et la contradiction !

  Quelques années de plus étaient passées ; ma barbe commençait à blanchir.

  Bien des fois, sur la montagne, aux “bénitiers “ d’Alaric, des rochers calcaires sculptés par l’érosion en forme de bénitiers, étant arrivé avec des doutes je repartais avec des certitudes ; des illusions, assurément, mais ainsi doit être le cheminement !

  Je ne savais ni quand ni où, mais j’avais en tout cas la certitude qu’ici je trouverais le chemin de ma plénitude ; le chemin par lequel mon esprit et mon âme seraient enfin libérés !

 C’est ainsi qu’un jour d’été je sentis une présence, un bruit de feuillage par une journée sans vent, et puis une voix féminine, celle de Mnémosyne qui me présentait ses neuf filles. Dans les semaines qui suivirent je fus tour à tour ami de Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie, Uranie et Calliope.

  Ne connaîssant de la rime que quelques tirades des plus classiques, sans savoir ni comment ni pourquoi, embrassant désormais les Muses dans le cou je me mis à écrire un texte poétique, puis un autre, encore un autre et encore beaucoup d’autres… j’avais trouvé le chemin qui libère l’esprit ; mon âme devait encore demeurer prisonnière quelques années.

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