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De l’inconscient à la raison

Je voudrais être ce soir dans la peau d’un autre,

pour une fois, peut-être bien, prendre la vôtre,

connaître la douceur de manger à ma faim,

retrouver le goût du sourire et du bon vin,

le parfum des excès sans heure et sans compter ;

je voudrais revêtir votre peau apaisée…

 

car vous êtes pour moi “d’infinis paysages“ !

 

Je voudrais être ce soir dans la peau d’un autre,

pour une fois, peut-être bien, prendre la vôtre,

écouter vos musiques, boire votre soleil,

connaître les songes exquis de votre sommeil,

me laisser porter par de longs flots de caresses,

me laisser submerger par une mer d’ivresses !

 

Je voudrais être ce soir dans la peau d’un autre,

pour une fois, peut-être bien, prendre la vôtre,

revêtir un temps la peau de la réussite,

la peau de l’homme qui pense libre et court vite,

de celui qui peut encore avoir Dieu en face

sans lui jeter le moindre juron à la face…

 

car vous êtes pour moi “d’infinis paysages“ !

 

Je voudrais être ce soir dans la peau d’un autre,

pour une fois, peut-être bien, prendre la vôtre,

je voudrais être vous, vous voudriez être moi,

pourquoi veut-on être quelqu’un d’autre à la fois ?

je voudrais être vous car votre herbe est plus verte,

je voudrais être vous pour cette rose offerte…

 

car rien ne m’est acquis sauf une fleur fanée

que sur mon triste cœur une amour a plantée.

Je voudrais être heureux le temps d’un brin de chance,

sur le chemin de vie je n’ai guère d’avance,

le temps d’une éclaircie dans mon ciel encombré

puis succomber si tel est le prix à payer…

 

car vous êtes pour moi “d’infinis paysages“ !

 

mais la revêtir sans l’avoir passée au crible,

certes, une peau d’emprunt me semble difficile !

mais vous ne semblez, hélas, mieux lotis que moi

et votre peau serait un fardeau, une croix !

ma croix, cela fait bien longtemps que je la porte ;

je voulais votre peau puisque la mienne est morte…

 

toujours “l’autre“ est pour soi “d’infinis paysages“ !

 

Gardez donc vos ciels bleus, vos dives régalades,

la vie, soyez-en sûr, n’est qu’une mascarade !

en lieu d’un chemin bien sombre et des plus banals

je rêvais d’un surmoi qui fut original !

mais je n’ai pas choisi cet éther qui m’habite,

et ne lave guère mes yeux à l’eau bénite…

 

chacun ne traîne que le surmoi qu’il mérite !

 

Suis-je donc d’infinis paysages à moi seul ?

l’envie de “plus“ n’est qu’un scintillant linceul ?

 

… d’infinis paysages en infinies prisons,

Kant,

quelle est la voie de l’inconscient à la raison ?

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